A Shoe Story ( FRENCH )
Quand j’ai reçu la liste des thèmes à venir pour le blog de Billie et que j’ai vu celui des souliers, je me suis dit « wow… quelle bonne idée, moi qui suis une véritable freak shoe, je vais te pondre un texte de quatre pages… puis j’ai réalisé que dans l’univers des Billiegirls, je devais être une tripeuse de chaussures comme il y en a mille, et qu’au fond, qu’est-ce qu’une fana peut raconter à une autre fana qu’elle ne sait pas déjà?
Pour m’inspirer, donc, je m’installe par terre dans le walk-in, j’ouvre toutes les boîtes, je fouine… et étonnée, je tombe sur ça, sur cette paire de chaussures pour homme, motifs allemands, semelle de cuir impeccable. Les chaussures de mon grand-père.
Mon grand-père Beaulieu était un homme fier et de peu de moyen. Mais dieu! qu’il savait se chausser. À son décès, j’ai demandé de conserver une paire de ses souliers parce qu’ils étaient pour moi le symbole ultime de sa modeste élégance. Il disait « on est trop pauvre dans la vie pour porter des souliers cheap ».
Super belle leçon de vie ça. J’aurais voulu que mon grand-père étende sa sagesse par delà les montagnes pour ainsi nous préserver du mal. Peut-être aurait-il réussi à éliminer tout ce qui ressemble à des souliers de bowling, crocs, sandales à velcro et autres Puma de la terre. Je me retiens pour ne pas rajouter ballerines Aldo, talons carrés… Malheureusement, il nous aura quitté avant. Bon, je l’avoue, mon grand-père ne serait jamais allé si loin pour débattre de son point de vue. Il était trop humble et simple pour juger.
Pour ma part, j’avais six ans quand j’ai su que je devrais dorénavant porter ces horribles choses. Tel était mon destin. C’est vraiment ingrat, une p’tite fille de six ans rousselée, cheveux courts, dents de lapin… et chaussures orthopédiques. Je me souviens qu’à l’époque, malgré toute la laideur de mon état, les chaussures étaient de loin le facteur le plus irritant de ma condition.
Selon toute vraisemblance, ça m’est resté comme un post-trauma de guerre. Promesse faite à moi-même alors que j’étais une simple gamine : ne plus jamais avoir de complexe, niveau plancher, plus JAMAIS. J’ai souffert du ridicule pour des raisons hors de mon contrôle, s’il fallait ensuite que je récidive sur une base volontaire, wo! C’est ce qui a créé le monstre que je suis, je crois.
Ça, un snobisme bien dosé appuyé par la théorie de mon grand-père et les filles chez Billie, qui me dénichent toujours la paire qui fera une différence dans le walk-in d’où je tape ces mots… autant dire que j’y peux rien!
Mélanie Blanchette
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07:00 AM
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