My Dad’s Garage (french)
Jeune fille, je rêvais au jour ou j’aurais le privilège de visiter le grenier de mes grand-mères et où je pourrais, comme dans mes contes pour enfant, découvrir des trésors anciens qui me révéleraient mes origines.
Je fus si déçue de découvrir que chez aucune d’elle ne se trouvait de grenier, aucun refuge aux secrets et à la poésie. Je me consolais tout de même en me disant qu’au moins moi, j’avais dans la maison de mon enfance, un garage. Oui, oui, un garage dans lequel plein de vieilleries y étaient amassées. Mon père en était le chef et c’était grâce à lui que le garage se voyait, chaque jour, alimenté de nouvelles trouvailles dénichées tantôt chez un antiquaire, parfois sur un trottoir et SOUVENT dans une vente de garage. Ces objets, aussi utiles qu’inutiles, se croisaient et s’empilaient au fil du temps, jusqu’au jour où, au grand désespoir de la famille, « même du chien », il n’y eu plus aucune place pour circuler (ceux qui connaissent mon père vous diront que j’exagère à peine).
Le garage de mon père est exceptionnel pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il est l’un des endroits que je connaisse qui a le mérite d’être une œuvre d’art en soit : immense sculpture, fabriquée au fil des ans, d’objets qui tiennent savamment en équilibre les uns sur les autres. De plus, plusieurs sont le fruit de longues périodes de négociation entre mon paternel et monsieur, madame tout le monde ayant comme point en commun de se trouver devant le garage de leur maison afin d’y vendre ‘’cossins et gugus’’ dont ils ne veulent plus.
‘’2 piastres, j’ai payé 2 piastres’’ : dit mon père dans son accent « Italofrancoquébécois » lorsqu’il veut justifier ses achats. Parfois, c’est vraiment génial les trouvailles qu’il peut faire: prenons tous ces meubles anciens que lui et ma mère ont restaurés après les avoir négociés serré. Mais parfois, je me pose des questions, DE SÉRIEUSES QUESTIONS sur le motif d’achat de certains objets.
Ce qui est cocasse dans cette désorganisation d’objet, c’est que mon père est finalement bien organisé dans son entreprise. Après avoir repéré les villes et rues vedettes de ventes de garage dans les journaux, tous les matins de fin de semaine y sont destinées. Religieusement, mon père part sur son vélo à la recherche de l’ITEM qu’il n’a pas encore trouvé ou de celui qui complètera l’une de ses nombreuses collections, pratiques ou ludiques, de lampes Tiffany, de guitares sèches, de laiton, de poignées de porte, de machines pour faire fondre la graisse, etc.
C’est d’ailleurs en vélo, par un de ces matins ensoleillés de mai que j’ai moi aussi découvert ce merveilleux monde des ventes de garage et que je me fis initier à l’art de la négociation. Mais jamais je n’arriverai à la cheville de mon père, et bien que je sois moi aussi ramasseuse, jamais je ne dépasserai mon maître. Reste à savoir si un jour, comme il l’annonce à chaque année, il fera réellement sa propre vente de garage.
Je vous tiendrai au courant.
Annie, Caroline, French, Humour, Personal

























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